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Que signifie un tatouage de chat ?

Trois dessins de tatouage old-school posés sur une surface claire : un serpent, une rose et une hirondelle

Voilà un motif que l’on choisit presque toujours pour des raisons personnelles — un chat aimé, une présence, un caractère — et dont les deux traditions documentées ici parlent d’autre chose : d’une sépulture et d’un commerce.

Un cercueil, pas une image

Le musée du Louvre conserve un objet dont l’intitulé de notice dit déjà l’essentiel : cercueil de chat, statue. Il porte le numéro N 3504 A.

Les données matérielles méritent d’être lues lentement. Époque ptolémaïque, entre 332 et 30 avant notre ère. Bois peint en blanc, rouge et noir. Soixante-cinq centimètres de haut. Provenance : collection Henry Salt, acquis par achat en 1826. Il est exposé salle 318, dans une vitrine intitulée Animaux et dieux.

La forme est celle de Bastet, chatte assise portant un collier oudjat. Et une inscription hiéroglyphique dédicatoire y mentionne Oudjarenes, ses parents Isetrechet et Tadikhonsou, maîtresse de maison, ainsi que la déesse.

Regardez ce que cela implique. Il ne s’agit pas d’une représentation destinée à évoquer une qualité. C’est un contenant funéraire : un animal y a été déposé, sous une forme divine, avec les noms d’une famille gravés dessus. Des gens ont commandé cet objet, l’ont fait inscrire, et l’ont offert.

Le chat n’y signifie donc pas l’indépendance ou le mystère. Il occupe une position dans une relation entre une famille et une divinité, et cette position se matérialise par une sépulture.

Une figurine qui travaille

La seconde tradition est beaucoup plus récente, beaucoup plus prosaïque, et pour cette raison plus intéressante encore.

Nippon.com décrit les maneki-neko comme des porte-bonheur présents un peu partout au Japon, souvent à l’entrée des magasins et des restaurants. Le code n’a rien de vague : la patte gauche levée est censée attirer les clients, la patte droite l’argent.

Les couleurs obéissent au même système. Blanc pour des vertus génériques, noir pour chasser les mauvais esprits, rouge pour protéger contre les maladies, doré pour aider à devenir riche.

Autrement dit, cette figurine n’exprime pas un sentiment : elle remplit une fonction, et cette fonction est déclarée. Elle est posée à l’entrée d’un commerce pour faire venir une clientèle. Il faut chercher longtemps, dans les répertoires que ce site examine, un motif dont l’usage soit aussi franchement utilitaire.

Deux légendes d’origine sont rapportées. Celle du temple Gotoku-ji met en scène un seigneur féodal du XVIIe siècle, du domaine de Hikone, qu’un animal invite à entrer avant que l’averse ne tombe. Celle du sanctuaire d’Imado raconte qu’une vieille femme, trop pauvre pour nourrir le sien, dut l’abandonner, et qu’il lui apparut en rêve pour lui conseiller de fabriquer des figurines de céramique à son effigie.

Une précision, enfin, que le média pose lui-même et que peu de pages reprennent : l’idée d’une origine chinoise est erronée, bien que répandue.

Ce que les sources ne disent pas

L’indépendance, le mystère, la vie nocturne, les neuf vies, le lien avec la sorcellerie : aucune de ces lectures n’apparaît dans les deux références ci-dessus.

Certaines ont probablement une histoire réelle, notamment la réputation funeste de l’animal noir dans l’Europe moderne. Ce site n’a pas trouvé de source institutionnelle la documentant directement, et préfère le signaler plutôt que de la reprendre, conformément à sa méthode éditoriale.

Une remarque pour qui hésite. La lecture égyptienne est disponible, presque jamais proposée, et elle est autrement plus forte que l’indépendance : elle parle d’un animal que l’on enterre avec une dédicace, dans une vitrine que le Louvre a intitulée Animaux et dieux.

Le traiter correctement

Ce motif se divise en deux projets techniques qui n’ont presque rien en commun, et les confondre explique la plupart des déceptions.

La silhouette d’abord. Un chat assis, oreilles pointues, queue enroulée autour des pattes : cette forme est fermée, contrastée, immédiatement reconnaissable, et elle tient parfaitement en très petit format. C’est l’un des rares dessins de ce site que l’on peut faire de trois centimètres sans le regretter.

Le portrait ensuite, et tout change. Un visage repose sur le pelage, sur les moustaches, et surtout sur un contraste très localisé autour des yeux. Ce sont des écarts de quelques millimètres, exactement ce que la peau comble. Un portrait réaliste de petite taille perd son regard en quelques années, et sans le regard il ne reste qu’une tache grise.

La règle pratique tient en une phrase : si le projet vise à reconnaître un animal précis, il faut la surface qui va avec. Si le projet vise le motif, la silhouette suffit et vieillira mieux.

Le japonais traite la figurine porte-bonheur avec des contours francs et des aplats, ce qui correspond exactement à ce que la peau conserve. Le réalisme rend la fourrure mais réclame de la place. Demande à voir des portraits animaliers cicatrisés depuis plusieurs années, en regardant d’abord si les yeux sont encore lisibles.

Les interprétations documentées

Aucune de ces lectures n’est « la » signification du motif. Elles coexistent, viennent d’aires et d’époques différentes, et chacune indique d’où elle sort.

  1. Égypte ancienne — un animal que l'on enterre

    Le musée du Louvre conserve sous le numéro N 3504 A un objet dont l'intitulé suffit à poser le sujet : cercueil de chat, statue. Il date de l'époque ptolémaïque, entre 332 et 30 avant notre ère, mesure 65,4 centimètres de haut, et se compose de bois peint en blanc, rouge et noir. La forme représentée est celle de Bastet, chatte assise portant un collier oudjat. Il provient de la collection Henry Salt, acquis par achat en 1826, et il est exposé salle 318 dans une vitrine intitulée Animaux et dieux. Une inscription hiéroglyphique dédicatoire mentionne Oudjarenes, ses parents Isetrechet et Tadikhonsou, maîtresse de maison, ainsi que la déesse. L'animal n'est donc pas ici un symbole à lire : il est enterré dans un cercueil, sous une forme divine, avec les noms d'une famille gravé dessus.

    Source : « Cercueil de chat ; statue », époque ptolémaïque, inv. N 3504 A, département des Antiquités égyptiennes, musée du Louvre (consultée le 16 août 2026)

  2. Japon — une figurine de commerce, codifiée

    Nippon.com décrit les maneki-neko comme des porte-bonheur que l'on trouve un peu partout au Japon, souvent à l'entrée des magasins et des restaurants. Le code est explicite et commercial : la patte gauche levée est censée attirer les clients, la patte droite l'argent. Les couleurs se lisent de même, les figurines blanches ayant des vertus génériques, les noires le pouvoir de chasser les mauvais esprits, les rouges de protéger contre les maladies, les dorées d'aider à devenir riche. Deux légendes d'origine sont rapportées, dont celle du temple Gotoku-ji : un seigneur féodal du XVIIe siècle du domaine de Hikone passait par là lorsqu'un animal apparut et l'invita dans le temple, lui épargnant l'averse qui suivit. Le média précise enfin que l'idée, erronée, d'une origine chinoise est répandue.

    Source : « Maneki-neko : les figurines de chats porte-bonheur », Nippon.com (consultée le 16 août 2026)

À quelles familles ce motif appartient-il ?

Un motif appartient rarement à une seule catégorie. Chaque famille replace celui-ci parmi ceux qui partagent sa tradition ou son usage.

  • Animaux Les motifs animaliers, de loin les plus demandés en studio.
  • Symboles japonais Le répertoire de l’irezumi, où chaque motif a sa place codifiée.

Dans quels styles ce motif se traite-t-il ?

Publié le 16 août 2026 .

Questions fréquentes

Le chat porte-bonheur japonais vient-il de Chine ?
Non, et Nippon.com le corrige explicitement : l'idée, erronée, d'une origine chinoise est répandue. Les légendes rapportées situent l'origine à Tokyo, au temple Gotoku-ji et au sanctuaire d'Imado. La confusion vient sans doute de la présence de ces figurines dans les quartiers chinois du monde entier.
Que veut dire la patte levée ?
Le code est précis et il porte sur le commerce, pas sur la chance en général. La patte gauche levée est censée attirer les clients, la patte droite l'argent. Les couleurs suivent la même logique : blanc pour des vertus génériques, noir contre les mauvais esprits, rouge contre les maladies, doré pour la richesse.
Le chat tient-il bien en petit format ?
La silhouette oui, le visage non. Une forme assise, oreilles pointues et queue enroulée, reste lisible très réduite. En revanche un portrait réaliste repose sur le pelage et sur un contraste minuscule autour des yeux, et ces nuances s'effacent en premier.

À retenir

  1. Au Louvre, N 3504 A est un cercueil de bois peint contenant un chat, avec dédicace gravée.

  2. L'objet est exposé dans une vitrine intitulée Animaux et dieux.

  3. Au Japon, patte gauche levée pour les clients, patte droite pour l'argent.